John Butler Trio

HOME

DERNIER ALBUM DISPONIBLE

« La tentation peut être grande de se contenter de faire la musique que tout le monde aime, une démarche qui n’a rien de très d’artistique et qui s’inscrit plutôt dans une logique commerciale. Pourtant il est important de savoir prendre des risques, car à un moment donné ils seront une source de satisfaction, sous une forme ou une autre.”

Tels sont les propos de John Butler, auteur-compositeur-interprète et militant qui est également le musicien indépendant le plus apprécié et le plus populaire en Australie. “C’est avec mon coeur que je dirige ma carrière,” déclare ce guitariste né aux Etats-Unis et désormais installé au fin fond de l’Australie occidentale. “La créativité peut prendre plusieurs formes. J’aime bien, par exemple, fabriquer des canifs dans ma cabane, ou bien peindre, ou aussi grimper aux arbres et passer du temps en famille. Autant d’activités que je peux mener en parallèle.” Parallèlement à tout cela, il dirige également – avec une petite équipe d’associés, son propre label – Jarrah Records sur lequel (par le biais de Because) sortira HOME, septième album studio du John Butler Trio, le 28 septembre prochain.

Il aura fallu plus de quatre ans pour concocter HOME qui explore en profondeur des sujets chers au cœur de John Butler. En proie aux turpitudes d’un chaos intérieur au cours de l’écriture et de l’enregistrement de ce projet, John été amené à le concevoir en grande partie sans les autres membres du Trio, contrairement à ces prédécesseurs.

“La vie est un exercice d’équilibre,” explique-t-il. “Comme beaucoup d’entre nous, il y a des jours où je suis anxieux et stressé et d’autres pas – et cette fois je me suis senti comme étouffé par des mécanismes de défense inadaptés, par le poids de mon enfance et une sombre crise existentialiste. Cela fait bien longtemps que je suis confronté à des problèmes d’anxiété récurrents. J’ai toujours pensé, sans jamais vraiment pouvoir mettre un nom dessus, qu’il s’agissait juste d’une réaction liée au stress provoqué de la vie moderne et aux tournées. Mais là j’avais vraiment l’impression d’un désastre imminent.”

“J’avais la tête tellement saturée,” poursuit-il, “que je n’ai eu aucun mal à faire le vide autour de moi et à écrire des chansons sans l’avis de personne d’autre.”

Après sept albums studio et quatre live, le Butler Trio (qui réunit donc également Grant Greatly à la batterie et Byron Luiters à la basse) avait une sorte de routine de travail largement éprouvée mais avec HOME, tout a volé en éclat explique John.

“Lors de la première séance d’enregistrement, qui s’est déroulée dans mon studio, The Compound à Fremantle, en novembre 2016, j’étais comme partagé entre ce que j’avais toujours fait, en tant que membre de ce groupe très soudé, et moi-même, en tant qu’individu essayant de mettre en œuvre une vision très personnelle. Grant et Byron faisaient leur maximum, mais j’avais besoin de trouver le bon environnement sur le plan psychique et affectif pour pouvoir donner vie à cet album et en l’occurrence ce n’était malheureusement pas le cas. Deux autres séances, dont une avec un producteur différent et le Trio et une autre tout seul, ont mis en lumière le besoin de changer d’approche.”

Finalement, c’est le producteur Jan Skubiszewski qui a permis à John de trouver sa voie. “J’étais en territoire inconnu,” confie-t-il. “. Entre les démos, à base de beats et de synthés, élaborées sur mon ordinateur portable et la grande expérience de Jan en termes de hip hop, de dance et de production, j’ai enfin trouvé une nouvelle manière de travailler. Nous avons ensuite enregistré les percussions et quelques parties de la section rythmique avec le groupe au studio Compound avant une cinquième séance d’enregistrement dans les studios Red Moon de Jan à Victoria où j’ai terminé les bases de l’enregistrement. Pour finir Byron et Grant sont venus muscler l’ensemble et apporter leur talentueuse touche finale à HOME.

Pour créer HOME, John Butler a visiblement traversé un calvaire personnel et ce n’est guère la première fois qu’il a dû employer la manière forte pour parvenir au résultat souhaité.

“J’ai commencé à jouer de la guitare à l’âge de 16 ans et j’en ai aujourd’hui 43,” déclare John. “Et je me suis mis à jouer des instrumentaux dans la rue quand j’avais 21 ans. Adolescent j’écrivais des chansons juste pour moi et il m’a fallu un certain temps avant de parvenir à réaliser ma première démo. Je me souviens que la première personne qui m’a demandé une démo a dû revenir à la charge à deux ou trois reprises – et a même fini par laisser tomber. Ce jour-là j’ai réalisé qu’il fallait vraiment que je me bouge les fesses et que je le fasse.”

Cette première cassette s’est vendue à plus de 3 500 exemplaires – de quoi en décourager certains, même un musicien qui joue dans la rue. La plupart d’entre nous en serait restée là, préférant continuer à profiter de sa jeunesse, mais Butler a décidé de se bâtir une image.

“Peu à peu je suis passé de musicien de rue aux bars et aux clubs,” raconte John. “La semaine je donnais des concerts et je jouais dans la rue le week-end, puis j’ai eu de plus en plus de concerts et j’ai fini par ne plus jouer dans la rue. Ayant écrit plein de chansons, j’ai décidé de m’entourer d’un groupe avec un batteur et un bassiste pour les interpréter et j’ai formé le John Butler Trio.”

Les enregistrements de Butler lui ont permis de connaître le succès, même s’il ne s’est jamais reposé sur ses lauriers. Vers le milieu des années 2000 il a fondé son label ainsi qu’une organisation caritative – the Seed – qui vient en aide aux artistes et aux musiciens. Son engagement dans de nombreuses campagnes de défense de l’environnement est aussi important pour lui que sa musique.

“Ah, ne me lancez pas sur ce sujet !” dit-il avec un petit sourire. “Je préfère en rire parce que sinon je serai capable d’en pleurer. La fracturation hydraulique qui a lieu en Australie ainsi qu’au Royaume Uni et aux Etats-Unis est hors de contrôle et affreusement dramatique. Ils s’en prennent à notre eau maintenant et moi j’aime avoir une eau et un air propre. Est-ce que pour autant cela fait de moi un fondamentaliste ? Je ne pense pas. Au moins l’environnement n’est plus considéré comme un sujet marginal, ou un truc de gauchiste comme ce fut le cas pendant longtemps. Personnellement, je sélectionne les causes que je souhaite défendre et de quelle façon je me peux me rendre utile dans une campagne.”

Si l’on ajoute à cela son point de vue et sa vision du monde, il n’est guère étonnant que les nouvelles chansons de HOME constituent une expérience immersive. L’album rassemble des hymnes imparables, comme ‘Tahitian Blue’ et ‘Running Away’, ainsi que des morceaux plus atmosphériques tels que ‘Wade In The Water’. Et si vous avez envie de bons gros sons country-rock, il suffit d’écouter ‘Miss Your Love’, à propos duquel Butler explique : “Le garçon qui erre dans un corps d’homme est un thème récurrent sur lequel je suis souvent revenu – ‘Miss Your Love’ c’était un peu ma façon de poursuivre dans cette voix.”

Mais ce qui fait l’âme de HOME, c’est l’approche acoustique de John Butler, qui laisse littéralement sa voix s’envoler – aussi bien seule que dans un ensemble d’harmonies. ‘Just Call Me’; ‘Faith’; ‘Tell Me Why’; ‘Coffee, Methadone & Cigarettes’ – sont toutes des chansons d’une rare discrétion qui donnent aux mélodies tout l’espace qu’elles méritent.

Musicalement, l’album est un savant mélange de sonorités. Si la voix de Butler et les instrumentations roots constituent bien entendu le fondement de sa musique, cette dernière est également riche de toute une palette d’autres éléments. Ainsi par exemple les beats électroniques et la basse de ‘You Don’t Have To Be Angry Anymore’ et de la chanson qui a donné son titre à l’album mettent en lumière la concision des arrangements. Mais c’est certainement lorsqu’il mêle subtilement les deux, comme dans ‘Brown Eyed Bird’ et ‘We Want More’, que John Butler excelle.

“J’essaye d’incorporer tous les différents sons que j’aime pour créer naturellement une chanson – et non une sorte de fabrication à la Frankenstein,” dit-il. “Après tout j’aime tout autant Skrillex que Dolly Parton, et Beyoncé que Gillian Welch, même si j’ai une façon un peu datée de jouer de la guitare en utilisant de vieilles techniques de banjo et de picking à l’indienne, mais toute la musique que j’aime est vraiment moderne. Je suis juste un musicien folk au beau milieu.”

Et de déclarer pour résumer : “Ce que vous entendez c’est en fait l’aboutissement de tout un périple, une sorte de rite de passage impossible à éviter et qu’il me fallait impérativement traverser.”

Lorsqu’on lui demande de comparer HOME avec ses précédents albums, il confie : “C’est juste le fruit d’une évolution; quelque chose auquel je pense et que j’essaye d’atteindre depuis des années. Y suis-je parvenu ? Probablement pas, mais ce sont les aléas du périple, on ne peut jamais tout maîtriser. On se dirige toujours vers l’horizon, sans jamais vraiment l’atteindre.”

Aurait-il pu concevoir HOME lorsqu’il était un jeune gamin inexpérimenté de Fremantle dans les années 90 ? “Non !” s’exclame-t-il en riant. “J’aurais bien aimé, mais sur le plan philosophique, je ne pouvais pas en être là et le chemin qui m’a amené à ce stade est celui que je devais suivre. En fait je suis plutôt content de ne pas avoir essayé de faire cet album il y a 20 ans car je n’avais pas la maturité nécessaire. Au bout de toutes ces années je finis mon apprentissage et je suis heureux que cela ait duré 20 ans – car j’ai l’impression que je commence seulement à pas mal me débrouiller !”

Joel McIver, 2018

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Chevanche Carine

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Tour

JOHN BUTLER en tournée solo

16/04/2021 – BESANCON, FR, La Rodia

17/04/2021 – NANCY, FR, L’autre Canal

18/04/2021 – STRASBOURG, FR, La Laiterie

20/04/2021 – CLERMONT-FERRAND, FR,La Coopérative de Mai

21/04/2021 – GRENOBLE, FR, La Belle Electrique

22/04/2021 – MARSEILLE, FR, Esapce Julien

24/04/2021 – MONTPELLIER, FR, Le Corum

25/04/2021 – TOULOUSE, FR, Le Bikini

27/04/2021 – ANGOULEME, FR, La Nef

28/04/2021 – BORDEAUX, FR, Le Rocher De Palmer

29/04/2021 – NANTES, FR, Stereolux

30/04/2021 – ANGERS, FR, Le Chabada,,

02/05/2021 – RENNES, FR, Le Mem

04/05/2021 – SAINT MALO, FR, La Nouvelle Vague

05/05/2021 – PARIS, FR, Le Trianon 

06/05/2021 – PARIS, FR, Le Trianon 

10/05/2021 – LILLE, FR, Le Théâtre sébastopol

11/05/2021 – CAEN, FR, Big Band Café