Hanni El Khatib

Artwork album FLIGHT

NOUVEL ALBUM « FLIGHT » DISPONIBLE

« ALIVE » en playlist sur Radio Nova et OUI FM

Dans la vie de tout artiste, deux réalités s’affrontent : la première, perçue par le public, est bien souvent caricaturale, et la deuxième, qui lui est propre, infiniment plus complexe. Prenez Hanni El Khatib, pourvoyeur incontesté d’un rock ’n’ roll qui vient des tripes, taillé au couteau, teinté de blues, piqué de punk et voilé de soul, depuis déjà dix ans. Vous le connaissez sans doute à travers un de ses quatre albums solos sortis sur le label Innovative Leisure et loués par la critique, ou par le biais de son travail avec Dan Auerbach des Black Keys, ou encore grâce à son imagination débordante, qui lui permet d’allier guitares en dents de scie et rap hardcore sur ses collaborations avec GZA et Freddie Gibbs. Bien que cette série de vérités semble brosser le portrait d’un artiste de Los Angeles aux nombreuses facettes, elle n’est en réalité qu’une esquisse.

Loin des étiquettes de campagnes marketing ou des biographies de circonstance, la réalité terrestre d’Hanni El Khatib est autrement plus intéressante. Qui était-il, avant de pouvoir vivre de sa musique ? Ce skateur de San Francisco féru de rap et de punk, passant son temps à écumer les disquaires de la ville pour sampler des vinyles avec une machine MPC une fois revenu dans sa chambre, a d’abord travaillé comme directeur artistique de HUF, marque streetwear de renom. Puis vient le deuxième chapitre : après avoir déménagé à Los Angeles pour se lancer dans la musique, Hanni se retrouve presque immédiatement adoubé par la célèbre radio locale KRCW et part en tournée avec Florence and the Machine. Sa musique est sélectionnée par des superviseurs musicaux pour être placée dans des pubs Audi à la mi-temps du Super Bowl, événement sportif le plus regardé à la télévision aux États-Unis. À propos de sa voix, le LA Times écrit qu’elle est comme “du feu de bois ou du bourbon, à la fois douce et âcre, aussi intemporelle qu’une paire de jeans ou un tee-shirt… et suffisamment souple pour remettre un classique au goût du jour.” De l’autre côté de l’Atlantique, The Guardian le décrit comme “Joe Strummer réincarné en jeune Américain palestino-philippin très en colère.”

De 2010 à 2017, il suit le schéma de vie typique d’un musicien au 21è siècle : écrire un album, partir en tournée pendant 18 mois, revenir à la maison, rincer abondamment, renouveler l’opération. Avec tout ce que cela comporte de pièges prévisibles pour un artiste dont c’est le boulot d’enchaîner les concerts à haute intensité devant des foules de plus de 1000 inconnus tous les soirs. Et puis un jour, le rêve vire au cauchemar… malgré une reconnaissance éternelle envers ses fans et tout ce que la vie a pu lui donner, Hanni El Khatib se met à vivre des épisodes d’angoisse et de dépression. Ce qui était autrefois un exutoire créatif et une source de plaisir devient un fardeau. Après la sortie de son album Savage Times en 2017, El Khatib doit se rendre à l’évidence : s’il ne remet pas vite de l’ordre dans sa vie, il risque de ne plus en avoir du tout. ll dit stop à la boisson, arrête les tournées et s’éloigne de son studio pour une durée indéterminée.

Grâce à cette pause musicale, Hanni renoue avec son premier amour, le design. Il s’associe avec Keith Hufnagel, un ami de longue date qui travaillait aussi chez HUF, et crée Metropolitan, une marque de skateboard désormais reconnue ayant récemment collaboré avec Adidas. El Khatib retrouve progressivement l’envie de faire de la musique en changeant radicalement d’environnement : il quitte la grande maison équipée d’un studio professionnel qu’il occupait à Beachwood Canyon pour aller s’enterrer dans la chambre d’une demeure modeste où il installe un petit labo musical, reproduisant ainsi l’espace dans lequel il avait composé ses premiers morceaux pendant l’adolescence.

La période d’expérimentation qui s’en suit pose les fondations d’un cinquième album studio à la fois technique et brut, FLIGHT. Cela fait plusieurs années qu’Hanni El Khatib noue une amitié avec Leon Michels, tête pensante des maîtres de la soul El Michels Affair dont les talents cachés de producteur ne cessent d’être sollicités par de grandes figures de la pop comme Travis Scott, Lana Del Rey, Rick Rosse, A$Ap Rocky et Eminem, entre autres sessions aux côtés de Mark Ronson, producteur légendaire aux multiples Grammy Awards.

Au départ, ils prévoient d’envoyer des samples de riffs et de breaks issus de leurs jams à d’autres producteurs mais Hanni El Khatib prend assez vite la décision d’envoyer balader tous les intermédiaires. Pourquoi s’en tenir à des samples alors qu’ils peuvent composer la totalité des beats eux-mêmes ? Les séances de travail sont tranquilles et spontanées. Hanni rend plusieurs fois visite à Leon Michels dans son studio au nord de l’état de New York, et quand celui-ci se déplace à L.A. pour produire le nouvel album de Chicano Batman ou pour travailler avec Ronson, ils trouvent toujours un moment pour bosser ensemble sur FLIGHT.

Il en sort un opus sampledélique exubérant, spirituellement proche du chaos musical envoûtant façonné par les Dust Brothers sur Paul’s Boutique et Odelay. Cela évoquerait même un mélange des bricolages euphoriques des Avalanches sur Since I Left You et de la rage sombre des premiers albums de Prodigy. En tout cas, le résultat est imprégné de ce style si particulier développé par Hanni El Khatib depuis dix ans. Prenez “ROOM”, la première chanson finalisée de l’album. En partant d’un break de batterie bien crade et de pianos hypnotiques, Hanni et Leon ont enregistré les pistes sur de la bande et les ont ensuite samplées dans du hardware avant de les envoyer dans l’ordinateur, à la Portishead. Tout était ensuite importé dans Ableton, où ils ont pris un malin plaisir à redécouper, réarranger et recoller les sonorités pour arriver à une forme de collage musical. Le genre de truc que J Dilla et Madlib auraient pu concocter s’ils avaient grandi en écoutant les Cramps.

Le seul impératif : utiliser tout ce qui leur permettait d’avancer le plus vite possible dans les compos. Dès qu’ils restaient coincés sur un morceau, ils le supprimaient. Libéré de l’idée de devoir jouer les chansons sur scènes, Hanni El Khatib est entré dans une nouvelle dimension. Finies les attaques de guitare fulgurantes, place aux samples de batterie, aux enregistrements de flûte et aux boucles magnétiques bizarroïdes impossibles à reproduire en live. La créativité à l’état pur— la seule qui importe vraiment. “DUMB” par exemple, sonne comme un morceau de doo wop post-moderne qui aurait pu être composé pour la B.O. morriconesque d’un remake de Spaghetti Western. “ALIVE” est construite sur un groove planant et un riff de piano jazz brumeux, avec une voix à la fois âbimée et euphorique qui déclare, presque interloquée : “c’est incroyable, je suis toujours vivant.” Et le premier single “STRESSY” contient bien une référence à Ghostride the Whip, parce que l’artiste ne va pas non plus renier ses origines californiennes.

Paradoxalement, bien que cet album ne ressemble en rien à tout ce qu’il a pu faire jusqu’ici, il est la représentation la plus parfaite de son âme d’artiste. Un album à la fois sophistiqué et dense, direct et spontané, qui mêle garage rock, hip hop, soul, blues et psyché. Avec cet album exceptionnel, Hanni El Khatib ravive la flamme qui l’a poussé à écrire ses premiers morceaux pendant l’adolescence. Un cinquième album donc, pour enfin renaître de ses cendres.

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